Hommage au Père Maurice LeBlanc par Pierre Loiselle

19 octobre 2014

Père Maurice, mon souvenir remonte jusqu'à ma jeunesse, alors qu'en Rhétorique au Collège de Bathurst (alors l'Université du Sacré-Cœur) tu étais mon professeur de latin, puis de musique, et que je te voyais «vieux» comme tous les autres Pères de l'institution! Or me voici encore plus âgé que tu ne l'étais à l'époque et je me considère jeune! Comme dit le proverbe: «Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir»!

Tu as été pour les jeunes de ma génération, et de tous ceux et celles qui ont eu la chance de suivre tes cours, de t'avoir pour maître de musique, de jouer un instrument ou participer aux pièces de théâtre que tu montais, de connaître une foule d'artistes que tu faisais passer par Bathurst pour rehausser le niveau culturel des jeunes et des citoyens de la région, un pédagogue hors pair. Des générations de finissants te l'ont maintes fois exprimé en t'invitant à leurs conventums. Et en leur nom à tous, je me crois permis de te dire MERCI pour ton engagement, ton talent, ta générosité. Et merci au Seigneur pour ta longévité.

Car ton oeuvre est loin d'être terminée. Ce pédagogue hors pair que tu es s'avère doublé d'un prêtre-pasteur exceptionnel. Après avoir été ton émule et ton élève, nous sommes devenus des confrères. Ton engagement sacerdotal m'a toujours fasciné par ta disponibilité, ton sens du service, ton engagement dans les communautés où tu vivais et où tu servais. Des générations d'enfants, de jeunes, d'hommes et de femmes de toutes conditions te doivent d'avoir été initiés à la foi chrétienne, d'avoir été accompagnés dans leurs joies et leurs peines pour leur donner un sens. Au terme de tes soixante-cinq années d'engagement et de service sacerdotal, tes confrères, tes amis, tes concitoyens, tes paroissiens peuvent chanter tes louanges. Ton Acadie chérie te doit beaucoup de reconnaissance et te l'a exprimée de maintes façons Et j'ose même dire que la Mère de l'Acadie, cette Maris Stella que tu as si souvent invoquée en priant et en chantant, te présente chaque jour à son Fils en interprétant ses propres paroles: «Viens le béni de mon Père, reçois en héritage le Royaume que je t'ai préparé dès la fondation du monde.» (Mt 25, 34).

Maurice, tu es l'émule de ces grands personnages de la Renaissance que tu admirais et que tu nous a fait connaitre: un humaniste accompli dans l'art de la peinture, de la musique, du chant, du théâtre, des lettres anciennes et de la littérature universelle; un homme de Dieu bien incarné dans sa propre humanité, un maître de vie et de courage. Merci pour tout ce que tu as fait et bonne route sur celle que le Seigneur t'a tracée pour demain. Qu'elle soit longue, riche et paisible

 

Avec toute mon amitié et mon admiration,

                                                                                        

Pierre Loiselle,

Québec, le 20 octobre 2014.